Richesses de la créativité que Jean Bernabé, linguiste martiniquais - qui a
participé avec Patrick Chamoiseau et Raphael Confiant à « Eloge de la créolité »
- a porté vers d’autres sommets. Son défi, sortir des lieux communs, des
banalités. Pour dégager la personne créole comme un homme neuf, « relié non pas
au droit du sang mais au droit du sol. On est créole non pas en fonction de ses
ancêtres mais de l’appartenance à une même communauté située dans un lieu
nouveau ». Essentiellement dans les îles. Ce qui lui fait dire que, « la Guyane
est une île à condition de considérer que l’Amazonie est une mer de verdure, un
sol imaginaire ». D’où l’appel, dans la créolité au, « partage des ancêtres, au
partage de leurs émotions fondamentales. C’est pourquoi, plus encore que l’île,
la créolité est un archipel. Il n’y a pas d’île créole isolée ».